Artisanat élétronumérique :
Entre matière et programme
Série de conférences initiées par Vincent Isabel
Conférences
24 septembre au 14 octobre 2025
Sur place et en ligne
Artisanat électronumérique : entre matière et programme est une série de conférences qui cherche à démystifier et à mettre en valeur les multiples possibilités créatives offertes par l’électronique et le numérique, tout en favorisant la rencontre et le dialogue entre curieux·ses, amateur·rices et professionnel·les.
Pour l’occasion, Vincent Isabel a sélectionné et rassemblé des artistes intéressé·es par les arts électroniques, numériques et sonores. L’objectif : créer un espace de rencontres et d’échanges décontractés autour de ces pratiques, où les artistes peuvent partager leurs démarches, techniques et façons de faire. Chaque rencontre prendra la forme d’une conférence alliant présentation de projets artistiques, démonstrations techniques, partage de connaissances, explorations matérielles et discussions ouvertes.
Il s’agit une invitation à découvrir des approches numériques à travers différents projets, permettant de mieux comprendre les démarches singulières d’artistes qui intègrent ces médiums à leurs propres intérêts et narratifs.

Vincent Isabel · 24 septembre, 17h30
Vincent Isabel est un bricoleur, artiste sonore et performeur basé à Québec. Sa pratique explore le filet de relations et les mythes entre corps, environnement et technologies. Il utilise des assemblages de circuits électriques, d'objets rescapés et de matériaux organiques pour fabriquer des instruments et des systèmes bruitistes. Il y provoque et apprivoise la perte de contrôle comme moteur de performance; les espaces d’erreurs et de glitch deviennent moments de poésie, contestant les rapports de contrôle entre l’humain et le non-humain. Cet ensemble de fabrications et performances propose des imaginaires et rapports alternatifs face aux objets technologiques, et un retour vers leur matérialité.Il travaille de manière artisanale et DIY, jouant avec l’agencement de matières brutes et de nouveaux médias. Il mène notamment des workshops sur le DIY électronique, la programmation et l’utilisation de microcontrôleurs. Diplômé d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Emily Carr en 2024, Vincent poursuit actuellement une maîtrise en arts visuels à l’Université Laval et collabore avec le centre Avatar dans le cadre de la résidence de maitrise en centre d’artiste.

Stéphanie Letarte · 30 septembre, 17h30
« Je suis au tout début d’une recherche en électronique où je tente de fabriquer des circuits et des composants à partir de matériaux comme le cuivre, l’argent et la pyrite. Mon approche consiste à jouer avec des principes simples de l’électronique pour créer des dispositifs sonores interactifs. J’utilise notamment des circuits basés sur des oscillateurs combinés à des photorésistances pour générer des fréquences variables. Ces capteurs de lumière permettent de faire varier en temps réel le rythme et la tonalité, rendant chaque objet réactif à l’environnement et au geste.Lors de la rencontre, je présenterai différents prototypes : petits instruments à fréquences, objets ludiques et expérimentations sensibles. J’expliquerai leur construction, afin de rendre la démarche accessible et reproductible. Le public sera invité à manipuler les objets, à explorer les effets sonores et à imaginer avec moi d’autres formes de jeux électroniques DIY. Mon intention est de partager cette curiosité autour de l’expérimentation sonore et des possibles qu’offre une électronique simple et DIY. » – Stéphanie Letarte

Rafael Zen et Khalil Alomar · 7 octobre, 17h30 (en anglai)
Rafael Zen est un performeur multimédia, artiste sonore et éducateur basé à Vancouver, venant des territoires volés des communautés Guarani et Xokleng, et actuellement sur les territoires volés des communautés Musquam, Squamish et Tseil-Waututh.Son travail explore l’anthologie coloniale-capitaliste-narcissique ainsi que les futurs queer, rêves écologiques et récits décoloniaux à travers des performances multimédias, des compositions sonores, du théâtre sonore et des décors de scène.Ses performances canalisent la figure du cyborg dysfonctionnel : un hybride entre corps et déchets électroniques, exprimé par la confection de circuits DIY, systèmes sonores interactifs, de masques bruyants et de performances multimédias.Iel travaille aussi comme directeur.ice artistique à Why Whisper Studio avec Khalil Alomar, et fait le co-commissariat du festival Durations (Vancouver 2023-2025).Avec un MFA en Processus artistiques contemporains (Brésil, 2016), iel poursuit une recherche des nouveaux médias et arts sonores à Emily Carr University. Ses projets et collaborations récents incluent les organismes suivants : the Vancouver Biennale, BC Arts Council, Canada Council for the Arts, Vancouver Contemporary Art Gallery, Emily Carr University, Vancouver International Film Festival, SUM Gallery, the Canadian Association for Sound Ecology, What Lab, Lobe Studio, rEvolver Festival, Stand Festival et Theatre Replacement

Khalil Alomar est un artiste des médias interdisciplinaire et expérimental où sa pratique explore le son comme vibration, mémoire, témoin et force relationnelle. Basé sur les territoires non cédés de la Coast Salish, il créer des environnements sonores et immersifs, installations tactiles et compositions collaboratives qui mélanges circuits analogues, processus digitaux, narration spéculative et la co-création avec le non-humain.Son processus implique la sculpture du son avec Max/MSP, le design de systèmes sensibles au touché et mouvements par des senseurs et circuits. Ces environnements sensibles deviennent donc des lieux où se développent des relations intimes et non verbales entre corps, objets et écologie pour laisser la possibilité au son d’émerger comme langage de care et d’harmonisation.S’inspirant d’héritages du son expérimental et informé par des pensées décoloniales, queers et écologiques, le travail d’Alomar entre dans un terrain spéculatif où il est possible de pratiquer des futurs alternatifs, prônant la lenteur et l’écoute comme formes de résistance.Ses projets partent de sculptures transformant végétaux et objets du quotidien en collaborateurs d’expression sonore, jusqu’à des performances écofuturistes et installations-terrarium qui réimaginent les limites entre les systèmes artificiels et naturels. À travers ses installations, groupes de recherches et co-commissariat de festivals expérimentaux, Alomar considère le son comme autant politique que poétique : une force qui permet de remettre en question nos systèmes hérités tout en nourrissant de nouvelles formes de parentés et de soins écologiques.Dans son travail, le son n’est jamais seulement esthétique — il est spéculatif, relationnel et transformatif. Il offre des chemins pour imaginer des futurs vivables et justes en collaboration entre les mondes humains et plus qu’humains.

Florence-Delphine Roux · 14 octobre, 17h30
Florence-Delphine Roux est une artiste numérique et sonore originaire de la ville de Québec et basée à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Elle est titulaire d’une maîtrise de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Villa Arson à Nice, France. Son travail explore l’intersection entre l’art, la science et la technologie, avec une orientation vers le médium radiophonique. Ses créations se manifestent sous forme d’expériences d’écoute, d’installations sonores immersives, de performances, de vidéos d’art et d’œuvres radiophoniques.« Porté par une pratique liée au son, qui trouve en particulier sa source dans une matière emmagasinée à partir d’enregistrements effectués en grande partie en extérieur, le travail de Florence-Delphine Roux tient pour beaucoup d’une réflexion basée sur la possibilité de jouer avec des textures non perceptibles de manière rétinienne, des champs électromagnétiques notamment, participant ainsi d’une perturbation du réel.Avec la volonté de développer une pratique de la fiction, l’artiste investit également le champ de la production radiophonique, avec comme ambition l’élaboration d’un 'cinéma pour l’oreille' ». Texte Frédéric Bonnet




