Biophonie des marais
Tania Bonardo-Pellerin
Résidence
16 au 28 mars 2026
Biophonie des marais s’inscrit dans un espace de rencontre entre nature et artifice, intérieur et extérieur, écoute et perception. Prenant la forme d’un écosystème sonore habité, l’installation déploie un paysage audio mouvant, issu d’un dispositif de cassettes analogiques en accumulation, logé à l’intérieur d’un conteneur et s’étendant vers l’espace public.
À partir d’enregistrements réalisés en forêt — craquements d’arbres, chants d’insectes et d’oiseaux, ruissellements d’eau — l’œuvre compose un environnement sonore à la frontière du documentaire et de l’expressif. Ces sons, transformés par l’usure mécanique des rubans et par des processus de collage et de raboutage, révèlent une matière fragile, en constante métamorphose. Le public est d’abord invité à entendre avant de voir et de découvrir l’origine sonore, dans un jeu de déplacement entre perception et reconnaissance.
Des douches sonores artisanales, conçues à partir de matériaux variés (métal, verre, plastique), prolongent le paysage à l’extérieur du conteneur. Leurs fils s’étendent dans l’espace comme des lianes, dessinant une nature électronique qui infiltre le site. Ces points d’écoute, disposés à des endroits précis — suspendus, sous des arbres, en hauteur — transforment un lieu familier en zone d’exploration.
L’installation évolue en continu, les rubans sont réparés, recomposés, les boucles ajustées. Cette approche, à la frontière de l’installation, du performatif et de la médiation, met en lumière la fragilité des systèmes — sonores, techniques, écologiques — et fait de l’usure, du soin et de la transformation des forces de création.
Images: Centre Avatar
Tania Bonardo-Pellerin
« Je suis une artiste multidisciplinaire basée à Québec, native de Drummondville, travaillant à l’intersection du son, du dessin et de l’installation. Mon approche oscille entre une démarche poétique et critique, explorant les liens entre mémoire, matérialité et territoire à travers des dispositifs immersifs, interactifs et électroniques. Mes œuvres invitent à une expérience sensorielle et réflexive, où la fragilité et le passage du temps deviennent matière artistique.
En 2025, j’ai reçu une bourse Première Ovation pour une résidence à Namur en Belgique, prévue en octobre 2025. En 2024, j’ai bénéficié d’une autre bourse Première Ovation, soutenue par Avatar et accompagnée du mentorat de Philip Gagnon, qui m’a permis de poursuivre une recherche en art sonore et en électronique. Ce travail a donné lieu à ma première exposition solo, Soundscape Bio-Électronique, présentée en mai 2025 à la Charpente des Fauves. Mon parcours a également été reconnu par le Prix Avatar 2024 et le Prix Louise Viger 2024 lors de l’exposition des finissants du Baccalauréat en arts visuels.
J’ai eu l’occasion d’exposer mon travail au Festival d’art sonore de l’Abbaye (Excentrer, 2024), ainsi qu’au festival L’Écoute, où j’ai participé aux éditions 2022 (volet exposition) et 2024 (résidence en duo avec le beatmaker et designer sonore Pierre-Gabriel Bussière). Mon exploration artistique s’est également déployée à l’international lors d’une résidence au centre Arte Sumapaz en Colombie à l’été 2023, où mon travail a été diffusé dans le cadre du festival Genèse 2023 à Québec.
À travers mes projets, j’explore la matérialité des sons et des objets, la transformation des dispositifs électroniques et la réappropriation poétique de l’espace. Qu’il s’agisse de créations immersives, d’installations sonores ou cinétiques, mon travail interroge la mémoire, la fragilité et l’attention, proposant des expériences où la perception et la sensibilité des spectateurs deviennent partie intégrante de l’œuvre. »

