Le froissement des sens, Marguerite Arbour
Le froissement des sens
Marguerite Arbour
Prix Avatar 2025
Résidence
1 au 12 juin 2026
Le froissement des sens prend appui sur la fragilité des seuils comme espace d’existence et de création. À la jonction de multiples frontières — corporelles, identitaires, sociales et politiques — l’artiste explore un territoire liminaire où le soi devient à la fois point d’ancrage et zone de passage. C’est dans cet entre-deux que s’éprouve la disparition : non comme effacement total, mais comme transformation continue de la présence.
À partir de l’expérience vécue — marquée par la maladie, le handicap et le deuil de soi — le travail articule l’intime et le collectif. La singularité de cette réalité n’est pas envisagée comme un appel à l’aide, mais comme un appel à l’autre, un lieu de rencontre où des identités partagées et des enjeux sociopolitiques peuvent se déployer. L’autobiographique devient ainsi une matière relationnelle, un seuil à travers lequel s’élabore un dialogue sensible.
Inscrit dans un continuum de transformations, le projet interroge les états transitoires, ces instants suspendus que l’on nomme trop souvent débuts ou fins. L’attention se porte sur ce qui échappe aux catégories fixes : l’intervalle, le pli, la durée incertaine. Le temps y est abordé comme une question ouverte, traversée par des moments de latence, d’attente et de mutation.
Écouter les variations infimes des états, les vibrations qui émergent dans les zones de fragilité. L’expérience individuelle se transforme ici en langage partagé et où la vulnérabilité se fait puissance de relation et de création.
À propos de l’artiste
« J’existe à la jonction des seuils. J’explore les plis de mon existence, je fais l’expérience de la disparition. »
J’élabore des fragments aux configurations variables et superposables. Ce sont des morceaux d’une grammaire en développement. J’utilise la sculpture, la vidéo, la performance et l’estampe en m’intéressant aux notions de pli, de la trace, de l’intime, de la fragilité, de l’usure, de la disparition et de la réflexion. Le pli est à l’image de la réflexion : un retour de la pensée sur elle-même. Cette métaphore de ma démarche me permet un entremêlement entre mémoire, matière et identités.
C’est par le concept de deuil de soi que je relie les aspects plastiques et conceptuels de ma recherche. Le deuil de soi, dont je fais l’expérience entre autres par la maladie, permet d’aborder l’expérience du corps et de ces transformations. Ce qui témoigne d’un continuum des transformations, tant dans les expériences de vies que dans les matériaux que j’emploie, guide la forme que prennent mes projets.
« J’écoute le froissement des sens. »
À propos du prix Avatar
Chaque année, Avatar décerne un prix à un·e finissant·e du baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval. L’étudiant·e lauréat·e bénéficie d’une résidence de deux semaines dans les espaces du centre, avec un accès illimité aux équipements et un soutien technique. Cette initiative est possible grâce à la collaboration de l’École d’art de l’Université Laval.



