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Haunted Telegraph – pour un imaginaire sonore de l’au-delà
Haunted Telegraph – pour un imaginaire sonore de l’au-delà Véronique Béland (2020)

En résidence Avatar avec le concours d’Artificiel, l’artiste Véronique Béland développe actuellement la programmation informatique du volet conception sonore et interactivité de son projet Haunted Telegraph – pour un imaginaire sonore de l’au-delà.

Connecté à des capteurs permettant d’élargir le seuil de la perception humaine, le récepteur d’un télégraphe à aiguilles réagit aux variations puisées dans son environnement immédiat. Cette démarche consiste en l’entraînement d’une intelligence artificielle pour analyser des phénomènes imperceptibles – l’évolution d’ondes électromagnétiques présentes dans l’espace sous différentes formes – afin d’y détecter du sens : paroles, mots, phrases, etc. Assis face à ce dispositif, le spectateur est d’abord invité à écouter le son produit par cette étrange machine, qui transpose en fréquences audibles le flux étudié par le réseau neuronal : une sorte de bruit blanc fluctuant, dont les modulations s’apparentent parfois aux formants de la voix. Lorsque des occurrences sont trouvées, le télégraphe s’active pour transmettre ces messages en provenance de l’invisible – qu’ils soient compréhensibles ou non. En plaçant les mains sur le plateau de table, le visiteur peut interagir avec l’œuvre et mettre sa présence à contribution dans cette quête d’un "au-delà", grâce à un système de captation qui lui permet de filtrer le signal pour en révéler les fréquences fondamentales. Finalement, toute l’activité de la machine est consignée au sein d’un journal de bord contenant l’ensemble des informations mystérieuses relevées par le réseau de neurones. Si nous semblons prisonniers de l’illusion d’un monde unique, cette installation tente de révéler l’imaginaire d’autres mondes possibles, parallèles ou sous-jacents à celui- ci, en s’appuyant sur les promesses technologiques du futur pour proposer une nouvelle lecture du présent.

Les notions de fantomatique et de spectral qui hantent le travail de recherche de Béland, sont une nouvelle fois réquisitionnées à travers le projet Haunted Telegraph. Le but avoué de l’artiste est de placer le spectateur dans des conditions d’écoute et de réception qui puisse être propices à révéler ses propres « fantômes » ; de lui proposer un temps d’arrêt et d’observation permettant d’attirer l’attention sur ce qui normalement échappe.

Une production déléguée Association AY128 – Les Usines, réalisée en coproduction avec Avatar, Le Lieu Multiple / Espace Mendès-France Poitiers et la plateforme Chroniques, soutenue par le Conseil Régional de la Région Sud et la Ville de Marseille et l’Institut Français à Paris, coordonnée par Seconde Nature et ZINC.Un projet soutenu par le contrat de filière arts plastiques et visuels en Nouvelle-Aquitaine (Ministère de la Culture, Région Nouvelle-Aquitaine et Réseau Astre). Avec le soutien du CCSTI - Réseau néo-aquitain de la culture scientifique.


Conception sonore et interactivité : Alexandre Burton (Artificiel)                                                            Programmation informatique – deep learning : Léo Dubus                                                                                                  Fabrication des antennes et mécanisation du télégraphe : FabLab Les Usines                                                        Adaptation des plans : Sophie Laroche                                                                                                                                Coordination de la scénographie : FabLab Les Usines                                                                                              Ferronnerie : Strukenfer

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VÉRONIQUE BÉLAND

Née au Québec (Canada), Véronique Béland vit en France depuis 2010, où elle a été diplômée du Studio national des arts contemporains le Fresnoy (Promotion Michael Snow, 2010-2012). Elle est également titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal.

Sa pratique artistique, qui gravite entre les arts médiatiques et la littérature, s’intéresse à des phénomènes insaisissables à échelle humaine, dans une tentative constante d’ausculter ce qui semble vide pour en révéler le contenu. Par divers protocoles de traduction ou de transcodage, qui convoquent à la fois les mondes de l’art et de la science, ses œuvres cherchent à faire contact entre le perceptible et l’imperceptible, d’où en jaillit une certaine forme de narration.

www.veroniquebeland.com

Chroniques, Biennale des Imaginaires Numériques

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