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| Supervitesse et Wikimémoire | |||||||
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De l'accélération des consciences à la mise en réseau d'une mémoire fragmentée
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| MÉDIAS, VITESSE ET MÉMOIRE « Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l'oubli. Évoquons une situation on ne peut plus banale : un homme marche dans la rue. Soudain, il veut se rappeler quelque chose, mais le souvenir lui échappe. À ce moment, machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu'un qui essaie d'oublier un incident pénible qu'il vient de vivre accélère à son insu l'allure de sa marche comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui. Dans la mathématique existentielle cette expérience prend la forme de deux équations élémentaires : le degré de la lenteur est directement proportionnel à l'intensité de la mémoire ; le degré de la vitesse est directement proportionnel à l'intensité de l'oubli. » (Milan Kundera, La Lenteur) Si on voulait définir ce qui particularise, ce qui est spécifique à ce qu'il est convenu d'appeler les «nouvelles technologies» et qui regroupent principalement les diverses applications de l'informatique, il serait inévitable de parler de vitesse et de mémoire. En fait, selon la littérature, il s'agirait des deux faces d'une même pièce : la vitesse et la mémoire sont intimement liées, mais opposées. Elles ont été longtemps perçues comme deux pôles entre lesquels l’expérience humaine se déplace. Mais comme le dit la critique Nancy Baric dans Hors Champ : « Peu importe ce que l'on peut dire du passé et du présent, et des outils dont disposent les médias, le temps se déplacera toujours à la même vitesse et c'est notre perception qui change. » Il y aurait donc plusieurs types de vitesses et de mémoires. En ce qui concerne la mémoire, il existe déjà plusieurs variantes : la mémoire collective, la mémoire vive, la mémoire du lieu, la mémoire à long terme, et même lu récemment dans un article sur les médias la mémoire commerciale. De la même façon que les déclinaisons des cinq sens se sont multipliées au cours des dernières années (le toucher, par exemple, est devenu le sens du chaud-froid, du doux-rugueux, du pointu-rond, etc.), la vitesse et la mémoire s’articulent aujourd’hui en plusieurs approches qu’il nous intéresse d’explorer. Les médias eux-mêmes, les supports électroniques de la connaissance et de la culture, changent notre relation avec la dite culture. Depuis la fin du XIXème siècle nous avons assisté à l'inscription du temps culturel à même ces nouveaux objets médiatiques que furent le cinéma, la phonographie, la vidéographie, etc. Or, ces objets médiatiques sont en train de se dissoudre dans un réseau d'information dont la réalité physique est remise en question. Il s'agit à proprement parler d'une révolution : la disparition du rôle de l'objet dans la consolidation culturelle. Ou le réseau serait-il appréhendable comme super-objet ? Jocelyn Robert directeur artistique |
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